Sollicitation de manifestations d’intérêt

 

 

 

N° Don IDA H-985-GN Date début : 11/09/2017; Date Limite : 25/09/2017

Client: Ministère de la Jeunesse (MJ)/MESRS et METFP-ET

Type: Sollicitation de manifestations d’intérêt

Titre: Recrutement d’un Consultant Individuel pour la mise en place d’une Agence Nationale d’Assurance Qualité et d’Accréditation au MESRS et METFP.

I-Contexte et Justification

Le gouvernement de la République de Guinée a obtenu un Don de la Banque Mondiale à travers l’IDA pour le financement de son Projet « Booster les compétences pour l’employabilité des jeunes en Guinée/BOCEJ » à travers le Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes.
Pour sa mise en œuvre, ce projet a été compartimenté en trois (3) composantes : i) Le Fonds Compétitifs pour les Compétences et l’Employabilité des jeunes (Composante 1) ; ii) Le Programme Education à l’Emploi (Composante 2) et iii) L’Appui Institutionnel et les organes régulateurs (Composante 3).

Au titre de cette dernière composante, il a été prévu que les institutions de formation soient dotées de politiques et des mesures adéquates pour l’évaluation de leurs programmes et des certifications délivrées du point de vue de la qualité et du respect des normes. Car, la promotion d’une culture d’assurance qualité répond à la préoccupation d’asseoir la crédibilité des formations et des certifications, de sécuriser les diplômes et de garantir l’adéquation formation/emploi selon les standards de qualité requis par les acteurs du développement socio- économique actuel du pays.

C’est dans cet esprit qu’un décret vient d’être pris pour la création d’une Autorité Nationale d’assurance qualité et d’accréditation (ANAQ), au regard de l’impératif d’engager explicitement le système d’enseignement et de formation à développer une culture de qualité et d’évaluation dans les pratiques. Cette autorité fait partie des organes de valorisation de l’offre de formation professionnelle et technique aussi bien au niveau moyen qu’au niveau supérieur.

Plusieurs raisons motivent la création de cette autorité dans le système de l’enseignement, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle, dont entre autres :

1. La République de Guinée ambitionne de devenir un pays émergent dans quelques années. Des investissements massifs sont effectués dans le secteur de l’énergie. Après le barrage de Kaléta déjà fonctionnel, le Gouvernement vient de lancer le chantier de construction du barrage hydro-électrique de Souapiti. Cette dynamique enclenchée par le secteur de l’énergie entraînera dans son sillage l’agriculture, l’agro-industrie, les mines, le tourisme et l’hôtellerie, les travaux publics et le BTP, les télécommunications, les technologies de l’information et de la communication et les services. Dans tous ces secteurs des besoins importants de main-d’œuvre qualifiée répondant à des standards internationaux se poseront avec acuité. Or, aujourd’hui, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle offrent des formations répondant très peu aux besoins du marché du travail. Le chômage massif des jeunes constitue la préoccupation majeure de leurs parents et du gouvernement. Notons que 61% des diplômés de l’enseignement supérieur et 39% de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ne trouvent pas un emploi. au-delà de ce qui précède, de nombreuses autres externalités contribuent à ce problème ; Cependant, cette situation interpelle la pertinence, l’adéquation et la qualité des offres des formations.

2. La préoccupation concernant la pertinence et la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a conduit le département à solliciter des appuis de l’UNESCO et de la Présidence de la République de Guinée pour organiser des évaluations des programmes de licence et des institutions d’enseignement supérieur privées en 2011, des programmes d’études ainsi que des institutions d’enseignement supérieur publiques et privées en 2012-2013. Cette action a amorcé une démarche qualité au niveau du système éducatif.

3. Des réformes conférant une autonomie plus grande aux institutions d’enseignement supérieur et de recherche scientifique sont initiées par les décrets 62 et 63 du 3 avril 2013 portant respectivement gouvernance des institutions publiques et privées d’enseignement supérieur et de recherche scientifique. Cette autonomie doit être couplée avec une reddition des comptes conséquente. La mise en place d’un système d’assurance qualité robuste permet d’assoir sur des bases solides cette redevabilité.

4. La prolifération des IES et ETFP privées a trouvé une situation peu reluisante dans les institutions publiques, entrainant ainsi une multiplication de programmes d’études de qualité variable et une détérioration des méthodes d’enseignement et de recherche. Il conviendrait donc d’imposer davantage de régulation et d’harmonisation des programmes aussi bien dans les IES/ETFP publiques que privées.

5. Les organisations internationales comme l’UNESCO et la Banque Mondiale déploient beaucoup d’efforts pour le renforcement des capacités institutionnelles en matière d’assurance qualité. C’est ainsi que l’Institut International de Planification de l’Education et l’Autorité allemande d’échanges universitaires, ont organisé du 1er septembre au 5 décembre 2013, un cours à distance sur l’assurance qualité externe auquel cinq cadres guinéens ont participé. La Banque Mondiale a appuyé trois conférences régionales sur l’assurance qualité dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord dont la dernière qui s’est tenue du 12 au 13 juin 2014 à Tunis a vu aussi la participation de quatre guinéens. Les classements internationaux ont montré que les meilleures universités se trouvent dans des pays qui ont des systèmes d’assurance qualité performants. C’est le cas par exemple de la Suisse, de l’Afrique du Sud et des Etats-Unis d’Amérique.

S’agissant de la formation technique et professionnelle, celle-ci doit également répondre à des normes de qualité reconnues.

Aussi, faudrait-il le souligner que dans un monde qui se dirige progressivement vers une société du savoir, il convient que la qualité de la recherche et de l’innovation soient appréciées à leur juste titre.

De l’Autorité

L’Autorité Guinéenne d’Assurance Qualité étant un organe de Régulation, d’Accréditation et de Promotion de la culture de la qualité, est un établissement public doté d’une autonomie financière, organisationnelle, réglementaire et indépendant dans ses jugements. Sa mission est principalement l’évaluation de la qualité de l’éducation et de la recherche offertes par les institutions d’enseignement supérieur et de recherche et par les institutions de formation professionnelle et technique, publiques et privées.

Cela permettra de relever des défis dont l’application de la Stratégie de Développement des Compétences approuvée pour 2013-2020 en Guinée qui souligne l’importance de développer son capital humain. Elle met en particulier l’accent sur les questions d’offre et de demande, la gouvernance et la diversification des programmes pour répondre aux besoins du marché du travail.

Ainsi, Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) s’est engagé entre autres :

i) à veiller à l’assurance de la qualité des programmes de formation ;
ii) à adapter le contenu de la formation aux besoins du marché du travail ;
iii) à développer des partenariats inter établissements de formation et secteur privé ;
iv) à améliorer la gouvernance et la gestion des institutions.

• Le Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation professionnelle est quant à lui tenu pour responsable :

i) de l’amélioration de la gouvernance (administrative institutionnelle et pédagogique) des établissements de formation ;
ii) de la promotion de l’adéquation entre les instituts de formation et les besoins du marché de l’emploi.

En résumé, le contexte actuel se caractérise par :

– Un taux élevé de chômage des diplômés des Institutions de l’enseignement Supérieur (61%) et des écoles techniques et professionnelle (31%) ;
– Les employeurs se plaignent de l’insuffisance de compétences professionnelles des diplômés et de leur faible niveau en matière de communication, de TIC ainsi que leur méconnaissance des exigences du monde de l’entreprise.

Face à cette réalité préoccupante, plusieurs actions ont été entreprises :

– Introduction du système LMD et la révision des programmes par l’approche par compétences (APC) ;
– Facilitation de l’accès aux TIC pour certains établissements ;
– Evaluation des IES et de leurs programmes ;

Cependant, l’amélioration de l’environnement d’apprentissage et des stratégies de formations n’a pas suffisamment répondu aux attentes.

Pour cela, le recrutement d’un consultant pour la mise en place de l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité dans les Institutions de l’enseignement Supérieur et l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle Publics en Guinée est requis dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Booster les Compétences pour l’Employabilité des Jeunes ».

II-Objectifs de la mission de consultation

2-1 Objectif Général

L’objectif général de la mission du consultant est de proposer les modalités et accompagner la mise en place de l’Autorité Nationale de l’Assurance Qualité dans l’enseignement, la formation et la recherche (ANAQ).

2-2 Objectifs spécifiques de la mission

Il s’agira plus particulièrement de :

– Faire l’état des lieux des pratiques d’assurance qualité dans l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et la recherche ;
– Définir les différentes étapes conduisant à la mise en place effective de l’ANAQ ;
– Proposer les critères de désignation et la structure d’un comité ad hoc de coordination des activités : pilotage des activités jusqu’à la nomination du responsable ;
– Définir la structure et les modalités de fonctionnement ainsi que l’organigramme ;
– Proposer les profils et critères de nomination du secrétaire exécutif et les autres cadres de l’ANAQ ;
– Proposer des standards de qualité à respecter par l’ANAQ ;
– Elaborer le plan de formation des cadres de l’ANAQ ;
– Définir les moyens matériels, informationnels et financiers nécessaires au fonctionnement de l’ANAQ ;
– Améliorer et finaliser les référentiels d’accréditation proposés ;
– Elaborer un manuel de procédure (ou guide) pour la gestion de l’ANAQ ;
– Animer les ateliers de validation des référentiels et des guides produits.

III. Méthodologie et organisation du travail

La méthodologie proposée par le consultant doit être conforme aux meilleures pratiques et approuvée par le client.

IV. Résultats attendus :

1- L’état des lieux des pratiques d’assurance qualité dans l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et la recherche est réalisé ;

2- Les critères de désignation des membres et la structure du comité ad hoc de coordination et de pilotage des activités jusqu’à la nomination du responsable sont proposés au ministère de tutelle :

3- Un document décrivant :
• les étapes de mise en place ;
• la structure et les modalités de fonctionnement ainsi que l’organigramme ;
• les profils et critères de nomination du secrétaire exécutif et les autres cadres de l’ANAQ ;
• le plan de formation des cadres de l’ANAQ ;
• les moyens matériels et financiers nécessaires au fonctionnement de l’ANAQ ; est produit et validé par le comité ad hoc ;

4- Un document de référentiels d’accréditation est finalisé et validé ;

5- Un manuel de procédures (guide) est produit et validé.

V. Qualifications et expériences requises

Les consultants ou structures spécialisées intéressés par la prestation doivent répondre aux critères suivants :
 Avoir un Doctorat ou équivalent (15 points);
 Avoir une expérience d’au moins 5 ans dans le système d’enseignement, de formation et de recherche (20 points);
 Avoir réalisé des missions similaires (30 points);
 Avoir d’excellentes connaissances, une expertise avérée et une bonne compréhension des réseaux d’assurances qualités internationales, d’évaluation et d’accréditation des institutions et programmes de formation ou de recherche(35 points).

Important
La qualité limitée et la pertinence des programmes d’études est certainement un facteur important qui contribue au problème de chômage élevé. Cependant, il y a nombreuses externalités au-delà de l’enseignement supérieur qui contribue à un tel problème. Il est important de noter les attentes quant au rôle de l’Agence, car en association avec une telle hypothèse. En plus, l’objectif prévu n’est que la première étape.

Au-delà du rôle réglementaire, les agences d’assurance qualité ont un rôle plus important. Leur rôle est plus large que de servir comme catalyseurs pour l’amélioration de la qualité. Les défis de la qualité sont communs dans les institutions publiques ainsi que les institutions privées. La compréhension des problèmes communs est nécessaire pour définir la raison d’être et le rôle d’une Agence de QA. Les établissements d’enseignement supérieur publics et privés devraient être régies par des critères et des normes communes.

VI. Conditions d’emploi:

Les conditions d’emploi feront l’objet d’un contrat à négocier avec l’Unité de gestion du projet. S’agissant de postes contractuels, il reste entendu que le recrutement de candidats fonctionnaires doit satisfaire aux dispositions ci-après de la clause 1.13 (d) des Directives ‘Sélection et Emploi de Consultants par les Emprunteurs de la Banque mondiale dans le cadre des Prêts de la Banque et des Crédits et Dons de l’IDA’, datée de Janvier 2011 qui précisent que « les représentants du gouvernement et les fonctionnaires peuvent être engagés pour des marchés portant sur des services de conseil, à titre individuel ou en tant que membres de l’équipe d’un bureau de consultants, uniquement (i) s’ils sont en congé sans solde; (ii) s’ils ne sont pas engagés par l’organisme pour lequel ils travaillaient immédiatement avant leur départ en congé; et (iii) si leur emploi ne donne pas lieu à un conflit d’intérêt » (voir paragraphe 1.9 des mêmes directives).

VII. Durée de la consultation

La durée du contrat du consultant est de soixante (60) jours compter de la date de notification de l’ordre de service de commencer les prestations.
La mission s’étendra sur une période n’excédant pas six (6) mois.

VIII. Rapportage

Le consultant rendra compte de ses activités au « comité ad hoc ANAQ »mise en place par les Ministères MESRS et METFP et au Secrétariat Exécutif du projet BoCEJ.

Les consultants intéressés répondant au profil demandé, sont invités à manifester leur intérêt en faisant acte de candidature et en fournissant les informations prouvant qu’ils sont qualifiés pour exécuter les services décrits ci-dessus.

Un Consultant sera sélectionné en accord avec les procédures définies dans les Directives: Sélection et Emploi de Consultants par les Emprunteurs de la Banque mondiale, édition janvier 2011, révisée en juillet 2014.
Les consultants intéressés peuvent obtenir des informations supplémentaires au sujet des documents de référence aux adresses mentionnées ci-dessous du lundi au jeudi de 9 heures à 16 heures GMT et vendredi de 9 heures à 13 heures GMT.

Les manifestations d’intérêt doivent être déposées à l’adresse ci-dessous au plus tard le 25 septembre2017à 13 H.

Outre l’original, le nombre de copies demandé est de trois (3); la soumission de candidature par voie électronique sur respect des délais GMT susmentionnés est acceptée.

Secrétariat Exécutif du Projet
« Booster les Compétences pour l’Employabilité des Jeunes en Guinée »,
Immeuble KATEX 4ème étage Appartement A8, Près du siège social de Cellcom-Guinée
Quartier Almamya, Commune de Kaloum,
Email : bocej.gn@gmail.com
Tél : (+224) 655 91 48 91
Conakry; République de Guinée.

Le Gestionnaire de Projet

 

Thierno Iliassa BALDE

 

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